Je me suis donc arrêté au Costa Rica. Remontons le fil du temps...
Je ne vais pas m'attarder sur ce dernier, ma première esquisse reste d'actualité. Les seules nuances que j'y ajouterais sont les suivantes: le sud du pays n'est pas aussi développé que le nord, raison pour laquelle je redimensionnerais la notion de "miracle"; parlons plutôt de bel effort par rapport à ses voisins. Quoiqu'il en soit, je pense que le Costa Rica doit être l'objet d'un voyage à part entière avec un budget à la hauteur et ce afin de pouvoir profiter de ses ressources naturelles époustoufflantes.
Notre exploration du Panamá fut plus maritime que terrestre. Nous avons commencé par des îles afros qui se trouvent au nord du pays. La mer y est turquoise et ses eaux propices à l'observation des fonds marins. Nous sommes ensuite descendus à Panamá City. Les attentifs auront remarqué que nous avons généralement évité les capitales centre-américaines (si ce n'est pour des changements de bus), elles nous avaient été signalées comme dangereuses et peu intéressantes. Panamá devait être la seule digne d'intérêt. Résultat des courses: une ville truffée de gratte-ciels en construction, un centre colonial en piètre état, une ambiance peu rassurante le soir. Rien de particulièremnt passionant donc, si ce n'est un petit saut indispensable jusqu'au fameux canal du même nom. Petit détail de taille pour justifier la suite: le sud du Panama est occupé par la région du Daríen, frontière naturelle avec la Colombie. Il s'agit d'une région inaccessible à cause du manque de routes, des activités de contre-bande et de guérillas et surtout pour cause d'une nature très inhospitalière. Pour atteindre la Colombie, il ne reste donc que deux possibilités: par voie maritime ou aérienne. Vu que nous n'avions aucune envie de provoquer une rupture dans notre voyage en prenant un avion, nous avons décidé de tenter notre chance via l'archipel de San Blas situé le long de la côte atlantique du pays. Tout le monde a en tête l'image de la typique île de sable fin fichue d'un seul et unique palmier, n'est-ce pas? Voilà un paysage peu inhabituel à San Blas. Un ensemble de plus 400 îles à-la-Robinson de toutes les dimensions habitées par les indigènes Kuna. Voyez les photos, elles parlent d'elles-mêmes. Nous avons ensuite entamé la folle descente vers la frontière colombienne accompagnés par un couple d'amis mochileros - une aventure, une vraie! De villages en villages, de barques locales en barques locales nous avons fini par atteindre la frontière colombienne. La nature est paradisiaque au Panama, le seul bémol est le fait que sa monnaie soit un dollar relativement cher.
La Colombie. Ah la Colombie! Recommencons le procédé habituel: quels sont les préjugés? Drogue, violence, insécurité extême, police corrompue, enlèvements. "Vous allez en Colombie?? Mais vous êtes fous..." Décousons tout ca et permettez-moi d'essayer de remodeler brièvement l'image de ce pays tellement maltraité. Disons pour commencer que la plupart des idées que nous avons de ce pays sont restées bloquées quinze ans en arrière. Pablo Escobar est mort depuis 1993, je vous le confirme. Et le pays a bien changé depuis (au dire de ses habitants). Les Colombiens, avec une petite exception dans la partie carabéenne du nord, sont les personnes les plus gentilles et attentionnés que nous aillons trouvé sur notre chemin. Le Colombien sait de quelle image affreuse souffre son pays à l'étranger et fait tout pour changer l'opinion de ses visiteurs. Avec succès. La nature est absolument magnifique et extrêment diversifiée (ce qui semble d'ailleurs être le cas de tous les pays andins divisés entre la côte, les Andes et la forêt amazonienne). Cartagena est coloniale, Medellín est moderne, Bogotá cultivée (nous nous y sommes gavés de théâtre, de cinéma et de librairies après une Amérique centrale très -trop- précaire de ce point de vue), Calí développée. Le tourisme est en plein essor, je vous conseille vivement de visiter ce pays. Mais une ville comme Medellín est trop calme. La quantité de clochard dans le centre de Bogotá impressionante. D'énormes disparités sociales donc. Et voilà que nous nous retrouvons à nouveau face aux tristes thèmes mexicains de paramilitarisme, de déplacés et de disparitions mystérieuses (non, je ne parle pas des FARCS mais bien par exemple de paysans qui ont la malchance de vivre sur des terres riches en pétrole). Je ne désire pas m'étendre sur le sujet ici mais bien souligner ceci: la Colombie est un pays qui mérite que l'on se batte contre ses injustices sociales. Tout comme au Mexique, nous avons eu l'occasion de rencontrer des acteurs de terrain afin de nous rendre compte de ce que je vous raconte. Sujet à creuser... Au rythme de nos découvertes et de balades montagneuses, nous avons tout doucement atteint la frontière sud du pays.
Nous avons traversé l'Equateur en une semaine. Il nous faut faire des choix, celui-ci en était un. Et pourtant voilà un autre pays digne d'attention. Habritant le palais de Rafael Correa, membre de l'élite présidentielle anti néo-libérale de l'Amérique Latine, le centre de Quito est une splendeur coloniale. Nous avions été mis en garde contre sa soi-disante insécurité; précaution injustifiée. Deuxième étape: Baños, petite ville touristique logée au sein des montagnes. Balades encore et toujours! Et enfin, Cuenca la belle.
Nous sommes actuellement au Pérou, notre neuvième pays latino-américain, à Lima plus précisément. La côte du nord est désertique, nous avons fait étape dans une petite station balnéaire surfiste qui ne payait pas de mine et à Trujillo (parsemée de balcons coloniaux style morisco). Lima est une mégapole qui vante son passé de capitale coloniale mais a du mal à cacher sa pauvreté. Quoiqu'il en soit je crois que je réserverai mes commentaires péruviens pour le prochain chapitre, je pourrai alors parler plus en connaissance de cause. Notre programme: explorer le sud du Pérou, la Bolivie et atteindre les grandes villes brésiliennes. Hasta pronto à tous.
02/05/2010
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