10/03/2010

Mexico - Guatemala - Honduras - Nicaragua - Costa Rica

Les points forts de ces deux derniers mois? Voyons voir...
Le premier endroit qui me saute a l'esprit est l'impressionante plage de Maruata au Mexique ou nous avons passé trois soirées de file a observer d'énormes tortues marines sortir de l'océan pacifique afin de déposer leurs oeufs dans le sable. Peu apres, nous sommes arrivés au DF, alias Distrito Federal, Ciudad de Mexico, ou tout simplement Mexico comme disent les mexicains. Bref, l'endroit que nous nommons Mexico City. Une révélation d'un autre genre nous y attendait. L'idée préconcue: sale, dangereuse, polluée, chaotique, sous-développée. La réalité: une métropole d'environs 17 millions d'habitants (certaines estimations parlent de 20 millions) étonnament moderne, plus de dix lignes de métros dignes de Paris, Londres ou Madrid, une couche de pollution en effet effarante (qui s'observe bien depuis les ruines pré-azteques de Teotihuacan). Nous avons visité la ville pendant neuf jours et je me dois de reconnaitre que la plupart des préjugés étaient sans fondements. La ville regorge d'art en tous genres, de musées, de quartiers élégants a l'européenne. Sa jungle urbaine se compose d'hommes d'affaires cotoyés par des punks, une grande comunauté homosexuelle tres bien acceptée, ou encore des jeunes plus a la mode que la plupart des occidentaux. Bien sur, sa banlieue est sans fin et donne lieu a toutes sortes de pauvretés et violences mais pas un instant n'avons-nous ressenti peur ou insécurité. Encore une fois, la réalité a été plus que surprenante! Nous sommes ensuite passés par l'état de Veracruz, dont la capitale rappelle Cuba et son ambience caribéenne. Ensuite, nous avons repris pied dans notre appartement de San Cristobal de las Casas et dit au-revoir au Mexique.

La majeure partie des pays d'Amérique centrale font malheureusement passer leur grand voisin du nord pour un pays a l'avant-garde dans beaucoup de domaines. La pauvreté prend au Guatemala une place beaucoup plus importante qu'au Mexique. Il s'agit d'un petit pays doté d'une nature époustoufflante. Nous avons vogué entre ses volcans, ses cascades, ses vieilles villes coloniales, ses colonies afro peuplées de descendants des esclaves et son intriguant monde indigene. La tres developpée industrie touristique contraste en effet fortement - honteusement - avec l'état d'abandon dont souffrent les comunautés indigenes. Déja au Mexique il nous paraissait évident que l'écologie était un probleme social majeur mais, a partir du Guatemala, la problématique ne fait que s'empirer. On mesure rapidement les disparités qui existent entre des pays pollueurs industrialisés qui trient tous leurs déchets et les autres qui ne possedent pas, ou presque, d'industries mais qui jettent tout par les fenetres des autobus (soupir!). C'est l'éducation civique de base qui manque en Amérique centrale. Au Guatemala résonnent encore tristement les cris de la guerre civile qui le déchirait il y a encore a peine dix ans. Comme en ce qui concerne ses confreres situés plus au sud, les dégats provoqués par les différentes politiques des Etats-Unis au cours des dernieres décennies apparaissent en filigrane au vu de l'économie désastreuse qui y regne.

Le Honduras se trouve encore un pas supplémentaire en direction du chaos. Disons franchement qu'il s'agit d'un endroit dangereux et peu intéressant. Les citoyens se baladent armés et les "sales gueules" ne manquent pas dans les rues. La vérité est que les honduriens avec qui nous sommes entrés en contact étaient plutot gentils et courtois mais l'ambiance laisse fortement a désirer; trop de mésaventures vues et entendues. Toujours est-il que que rien de facheux ne nous est arrivé. Nous nous sommes rendus dans les Bay Islands (nom anglais car peuplées par une population dont la premiere langue est restée celle des colons anglais) pour faire de la plongée mais avons été contraints de nous échapper de cette gringolandia chere a mourir. Les ruines de Copan nous ont laissé une impression mitigée apres les majestueuses ruines mayas mexicaines. Bien sur, les références au récent coup d'état embellissent tous les murs citadins et occupent une place de taille dans les discussions populaires; la situation politique y reste relativement instable.

Le Nicaragua est plus ordonné, tout aussi pollué et moins dangereux bien que officielement le plus pauvre. L'esprit de la révolution sandiniste flotte encore dans l'air, ce qui rappelle Cuba. Ses héros apparaissent a chaque coin de rue dans un effort pour oublier la décadence des politiciens actuels. Daniel Ortega, le gauchiste de l'Amérique centrale, semble peut apprécié dans son pays. Les villes coloniales sont tres bien conservées grace au tourisme et le paysage surréel de l'ile Ometepe une merveille. Cette ile, formée de deux volcans, se trouve au centre du lac Nicaragua qui se distingue sur toutes les cartes.

Le Costa Rica alias "la Suisse d'Amérique centrale" que je rebaptiserais "le miracle d'Amérique centrale" pour bien des raisons. Il suffit d'une frontiere pour se retrouver dans un pays propre et bien entretenu dont la population s'habille a l'occidentale. Ce pays recele une des biodiversités les plus riches au monde, il regorge littéralement de parques nationaux dans lesquels les especes animales sont protégées comme il se doit. Le seul ennui - de taille! - est que ce pays semble avoir été acheté par les nord-américains. Par conséquent, les prix sont exorbitants et peu adaptés a notre portefeuille de backpackers a long terme.

Voila donc ou nous en sommes. Six mois de voyage aujourd'hui meme. Six pays visités. Dans quelques jours nous serons au Panama et prendrons alors la direction de la Colombie. Bien le bonjour dans vos chaumieres respectives!!