28/10/2009

Cuba-Quintanaa Roo-Yucatan-Campeche-Chiapas

Nous avons abandonné une Cuba schizophrène (mais son ennemi le capitalisme ne l'est-il pas lui aussi?), impatiente de voir l'histoire de son peuple connaitre de nouveaux rebondissements. Les questions qui ont accompagné notre tour de l'ile sont restées d'actualité jusqu'à la fin, et leurs réponses étaient encore incomplètes lorsque notre avion s'est envolé en direction du grand voisin mexicain. La schizophrénie cubaine est présente dans sa double économie (les maigres salaires en pesos nacionales et les produits considérés de luxe - tourisme, alcool, restaurants, papier toilette - en CUC), sur ses murs couverts de slogans vantant les mérites du Che, Cienfuegos, et autres Franc Pais ainsi que de leur révolution vielle de plus de 50 ans, dans sa pauvreté latente accompagnée de logements en piètre état, dans la gratuité de l'éducation et du système sanitaire, dans la guarantie d'une alimentation minimale grace à la libreta (carnet de rationnement: état de guerre permanent?), dans l'incroyable incompatibilité entre la pauvreté et des habitants particulièrement cultivés, dans l'ouverture théorique de sa mentalité d'égalité et ses frontières fermées pour les résidents, dans le gouffre qui sépare des plages paradisiaques et une capitale qui semble sur le point de s'écrouler...

Mais Cuba nous parait déjà loin. Voilà presque un mois que nous parcourons le territoire mexicain (voir la carte). Au risque de déplaire à ceux d'entre vous qui aiment ce genre d'endroits (et des vacances all-inclusive qui vont avec), Cancún et l'Isla Mujeres nous ont semblés n'etre rien d'autre que des endroits en carton d'une fausseté exagérée, montés de toutes pièces pour un tourisme de luxe. Bien sur il faut reconnaitre que nous débarquions d'une Cuba en ruine et pour autant la "perfection" qui se présentait à nos yeux sans crier gare nous a paru pratiquement irréelle. Meme impresion lorsque nous sommes entrés dans un super marché: la diversité des produits disponibles nous a paru effarente par rapport au vide honteux qui hante les magasins cubains (un sac plastique? Pas vu depuis des années). Un peu étourdis par cette nouvelle réalité, nous nous sommes donc enfuis à Tulum, autre endroit touristique mais beaucoup plus ouvert et doté d'une plage fantastique.

Nous sommes ensuite entrés dans les terres mayas et a commencé la course folle pour découvrir l'immensité d'une (de) tradition(s) enfouie(s). Tulum, Cobà, Chichen Itzà, Uxmal, Palenque et Toninà sont autant de ruines qui nous ont plongés dans une culture aux splendeurs éteintes mais dont la grandeur réveille nos mentalités et notre manière de concevoir le monde. Fascination assurée! Entre ces villes perdues, dont certaines se trouvent enfouies au plus profond de la jungle, nous avons fait étape dans quelques villes bien réelles et pour la plupart d'époque coloniale: Valladolid, Mérida et Campeche. A Palenque nous avons logé au Panchan, un espace aménagé au beau milieu de la foret tropicale (acompagnée de tous ses animaux favoris...) et envahi de touristes/babacools de tous les horizons. Ces états du Quintanaa Roo, du Yucatan et de Campeche (qui constituent la péninsule du Yucatan) restent tous les trois malgré tout très touristiques, ce qui fait que nous nous y sommes parfois sentis considérés comme des euros sur pattes et non comme des etres humains. Il faut pourtant reconnaitre le fait que ce désagrément paraissait bien ridicule face au comportement des cubains qui sont beaucoup plus durs envers les touristes.

Le paysage linguistique a également changé au cours des kilomètres. Mise à part la diversité de l'espagnol par rapport à celui de Cuba, nous sommes entrés en contact avec la langue maya et tous ses dérivés (Chol, Tsotsil, Tzeltal pour n'en citer que quelques-unes) parlés par les indigènes.

Voilà (en RÉSUMÉ) comment nous avons débarqué au Chiapas il y a une dizaine de jours. Première étape: Palenque et son Panchan déjà mentionnés. La deuxième: Ocosingo; chute du vingt-deuxième étage dans la réalité de la pauvreté mexicaine (indigène pour etre précis). Le tourisme s'est littéralement volatilisé, les locaux nous regardent comme si nous étions des betes curieuses (à Cuba les gens nous regardaient non stop comme si nous débarquions de Mars). Mais ici il s'agit d'un regard différent, on y lit la mélancolie, la fatigue et la misère. Au mieux les gens pensent que nous sommes des gringos (Américains), preuve qu'ils ont peu à faire avec le tourisme, mais tous nous traitent avec méfiance. Nous repartons. Sur la route, des pancartes proclamant l'autonomie zapatiste du lieu font leur apparition à l'entrée des villages. Troisième étape: San Cristóbal de las Casas.

L'envie de nous arreter un peu nous taraudait déjà depuis quelques jours, il nous a fallu peu d'heures pour décider que San Cristóbal était l'endroit idéal pour nous installer provisoirement. Voilà donc que nous avons loué un petit studio meublé pour un mois afin de profiter de la ville et de toutes les activités culturelles, idéologiques et académiques qu'elle offre. San Cristóbal de las Casas est une petite ville cachée dans une vallée à plus de 2100 mètres d'altitude (autant dire que la chaleur moite et étouffante dans laquelle nous nagions litéralement depuis Cuba a disparu, place au températures douces et aux pluies). Y vit une population particulièrement variée: Mexicains criollos, indigènes, vagabonds et alernatifs de tous les coins du monde. Sans oublier l'omniprésence de l'esprit de lucha (lutte) contre l'opression gouvernementale. Ainsi, les montagnes environnantes - et dans une moindre mesure la ville elle-meme - sont truffées de camps militaires de l'armée officielle ainsi que de villages autonomes zapatistes (Está Usted en territorio ZAPATISTA. Aquí manda el Pueblo y el Gobierno Obedece - Vous etes en territoire zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit). Je ne m'étendrai pas ici sur l'idéologie zapatiste mais nous avons déjà eu l'occasion de l'approcher de près à plusieurs reprise. Nous avons rencontré un anthropologue que nous aidons à monter une expo sur le mouvement au niveau logistique et surtout par rapport aux traductions; il nous a fait visiter un caracol (centre de commande du mouvement) où nous avons eu l'occasion de nous plonger dans l'ambiance et de parler avec des gens. Hier soir, nous nous sommes rendus à l'Unitierra pour y suivre une conférence. Il s'agit d'une université alternative créée au coeur des montagnes (le paysage est à couper le souffle). Cette unif va à l'encontre de nos unifs occidentales en poposant une mentalité tout à fait alternative; une mentalité non pas basée sur la connaissance compétitive dans un monde de compétitions mais bien sur la connaissance critique dans un monde fait de nature et d'injustices.
Sur ce je vous laisse, excusez la frénésie de mes pensées; j'essaie de vous transmettre quelques-unes de nos innombrables expériences...
Les photos de San Cristóbal suivront d'ici peu.
ps: n'hésitez pas à nous donner de vos nouvelles :-)

3 commentaires:

  1. TROPPO FRANCIOSO E POCO ITALIANO! OLTRE AD INVIARVI NON CAPISCO UNA SEGA!
    Per il resto, grandissimi, buon viaggio e aggiornate più spesso! (Bellissime le foto nella grotta con il lago).
    Carlo Aka l'amico del manfrini aka il tarquiniese senza pudore aka il nerd attack aka romanziere musicale aka aguirre aka Dio

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  2. Hello, nous suivons avec grand intérêt votre périple avec vos commentaires et impressions personnels. C'est mieux qu'un guide touristique!Vos photos complètent bien votre récit et le rendent encore plus vivant. Bon temps d'arrêt à San Cristobal. Dans 1 mois c'est notre tour de partir, en Asie cette fois-ci.Hasta luego y besos.
    Phil & Cilou

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  3. Salut ma poule, je reviens des cours ce lundi 14 décembre, ou nous venons de passer la barre des 0 (-1 exactement, -10 prévu dans les jours à venir :D), et je me réchauffe en regardant vos dernière photos au soleil et les magnifiques paysages que vous nous donnez l'occasion d'admirer avec vous. ça fait grand plaisir d'avoir de vos nouvelle aussi régulièrement que vous le pouvez et même s'il n'y a pas toujours de retour, je suis avec bcp d'attention votre périple de l'autre côté de la planète!!! Gros bisous à tous les deux et à bientôt sur la vague du WWWeb.

    Vince F.

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